Xavier Dyèvre - M.O.F. - Ebéniste d'art restaurateur de meubles anciens à Versailles - en retraite

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restauration de marqueteries Boulle

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vendredi 2 mars 2018

Restauration du plateau d'un coiffeuse en marqueterie Boulle Napoléon III


Fabrication, vers 1860 : Les placages d'écaille de tortue (marine bien sûr) et de laiton de cette coiffeuse en marqueterie Boulle ont été découpés, à la main, "par superposition". Cela consiste à placer l'un sur l'autre les deux placages, à coller le dessin dessus et à les découper ensemble. Donc les éléments d'écaille et de laiton s'ajustent parfaitement. La lame de scie est très fine, la colle animale bouche les fins joints dus à son passage.

coiffeuse_marqueterie_Boulle_ecaille_laiton_DYEVRE_ebenisterie_restauration_2018.jpg

Coiffeuse, ou travailleuse ? Les deux se disent, on peut y ranger un nécessaire de toilette ou de couture.

Des éléments de laiton du dessus étaient décollés et l'écaille cloquée. L'écaille a été teintée par derrière par collage d'un papier rouge qui a malheureusement tendance à se dédoubler. Pour limiter le coût, seule la partie abîmée ( le plateau ) a été restaurée :

coiffeuse_marqueterie_Boulle_ecaille_laiton_DYEVRE_ebenisterie.jpg

Recollages à la colle de poisson :

A l'origine, après le ponçage de la marqueterie le laiton a été gravé au burin ( cliquez sur la photo pour l'agrandir ). Finition : léger vernis au tampon, très peu suffit pour protéger le laiton de l'oxydation et, comme l'écaille, il brille naturellement :

atelier_ebeniste_DYEVRE_Xavier-2018-table-marqueterie-Boulle-Napoleon-III-ecaille-laiton.jpg

samedi 18 mars 2017

Restauration d'un cartel en marqueterie Boulle d'époque Louis XV. Recollage d'une marqueterie par réhydratation à chaud de la colle animale.


Ce petit cartel est plaqué d'écaille et de laiton dans le style de Boulle (son mouvement et son cadran doré sont restés chez l'horloger).

L'écaille de tortue marine est teintée en rouge par derrière, soit en collant une feuille de papier, soit par de la colle de poisson colorée :

restauration_Cartel_Boulle_Louis_XV_ecaille_laiton_Atelier_ebenisterie_Xavier_Dyevre_2017-5.jpg

Le laiton se décollait et il manquait un peu d'écaille :

Un client m'a demandé si je pratiquais la méthode de recollage par réhydratation de l'ancienne colle animale avec des cales chaudes. "En particulier, est-ce qu’elle limite le le ponçage?" me demandait-il.

Réponse : La réhydratation consiste à mouiller la marqueterie et la placer sous un film plastic, puis à l'enduire de colle animale modifiée pour la rendre liquide à basse température. On serre alors cette marqueterie sous des cales chauffées à 65 degré qui refondent la colle chaude animale d'origine qui "reprend" donc en se mélangeant à la nouvelle colle. Cette méthode évite de soulever les placages pour insérer la colle neuve dessous, cela permet de toucher très peu à la marqueterie qui reste bien plate.

Il m'arrive parfois de pratiquer cette méthode intéressante pour recoller une marqueterie de bois. L'inconvénient est que l'humidité fait se chevaucher les placages s'ils sont de grande dimension : je me limite aux marqueteries très morcelées.

Le laiton adhère mal avec la colle chaude d'os et de nerfs de bœuf d'origine, et l'humidité ne le traverse pas... Il a besoin d'être enlevé et gratté, puis recollé à la colle de poisson.

Même pour les marqueteries de bois, la technique de réhydratation à chaud peut être aléatoire : les placages ne tiennent que si la nouvelle colle traverse bien les placages, ou que d'os et de nerf qu'il y a sur le meuble est en quantité suffisante et encore bonne.

Depuis toujours, des cales métalliques chaudes servent à serrer les collages faits avec de la colle chaude. On peut aussi chauffer du sable ou d'autres matériaux. Si on préfère insérer (comme on l'a toujours fait) sous les placages décollés de la nouvelle colle chaude ou de poisson, elles se mélangent très bien avec l'ancienne colle qui se ramollit grâce à cet apport humide. Tout est dans le serrage : si le recollage avec de la nouvelle colle est très bien fait, le ponçage est le même que par réhydratation (et le risque de décollements plus tard moindre).

Recollage avec de la colle de poisson :

Serrage avec une cale souple :

Cette colle de poisson "Artcolle" a été mise au point en particulier pour le recollage des marqueteries Boulle car la qualité de la colle de poisson ordinaire était en diminution.

Mais la meilleure colle provient de la vessie natatoire des esturgeons, elle est encore fabriquée à partir d'élevages en France ou en Sibérie. Elle s'emploie à chaud, j'en reparlerai.


Pour en savoir plus, cliquez sur la catégorie "restauration de marqueteries Boulle", en haut de la colonne de gauche.

Dans mon livre de perfectionnement à la marqueterie, je détaille la technique Boulle. Consultation : http://www.blurb.fr/b/7467144-marqueterie-facile-ii-perfectionnement

Achat : https://www.amazon.fr/Marqueterie-2-Xavier-Dyevre/dp/1367234530/ref=sr_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1487523963&sr=1-2&keywords=Marqueterie

Ebook : http://www.blurb.fr/ebooks/601087-marqueterie-facile-ii-perfectionnement


samedi 25 février 2017

Finition du cartel en corne verte du XVIIIe siècle (suite 3).


La marqueterie de laiton sur fond de corne verte de ce cartel Louis XV est gravée avec un burin, tige en acier de section carrée, affutée en biais :

Gravure de la nervure d'une feuille :

Une partie peut à la rigueur être gravée avec une pointe sèche :

Ensuite la finition du cartel est simple car il a été si bien poli (voir plus bas) que la corne et le laiton étincellent déjà : nul besoin de vernis pour les faire briller. D'ailleurs un vernis les voilerait plutôt. Deux couches de cire incolore, espacées d'une semaine, les protégerons en leur donnant un éclat doux.

Le décapage des bronzes s'effectue par brossage dans une eau savonneuse légèrement ammoniaquée, rinçage, puis lustrage avec la plus fine laine d'acier (000). Ensuite ils sont cirés pour les protéger de l'oxydation.

A l'origine les bronzes de ce cartel étaient cloués, mais quelque-fois ils sont vissés. Il vaut mieux les refixer avec des petites vis en laiton à tête en goutte :

Il ne reste plus qu'à réinstaller le mouvement à l'intérieur et à livrer cette œuvre restaurée à son heureux propriétaire !

Xavier et Tanguy Dyèvre - 06 65 21 51 32

samedi 18 février 2017

Restauration d'un cartel Louis XV en corne verte (suite 2)


Dans le blog précédent, nous avons découpé les éléments de laiton manquant sur le cartel (voir plus bas sur cette page).

L'étage suivante est le recollage, avec de la colle de poisson, de tous les placages décollés et refaits, que ce soit en laiton ou en corne (tous en même temps).

Serrage avec un sac de sable qui épouse la forme du galbe :

Serrage avec des cales en placage de bois ou en fin plastique souple :

Après avoir serré deux jours, j'ai enlevé la colle qui a débordé des éléments avec une éponge humide. Puis j'ai poncé avec du papier abrasif fin : 240, 320 et 400. Pour terminer : lustrage avec ce tissus abrasif micro-mesh qui va jusqu'à 8000 ! (On peut polir un miroir avec.)

Les trous sont ceux des clous des bronzes, et les imperfections qui restent (celles de l'arête de l'angle par exemple) seront bien sûr cachées par eux.

Pour visitez mon site xavierdyevre.fr. : cliquez sur le lien dans la colonne de gauche.

samedi 11 février 2017

Restauration d'un cartel Louis XV en corne verte (suite)


Pour voir le cartel, regardez (en faisant défiler cette page vers le bas) mon blog de la semaine dernière.

Suivons les étapes de restauration :

Dépose des bronzes. Ils étaient fixés avec des longs clous en laiton.

Environ la moitié des éléments de laiton étaient décollés. La colle d'os et de nerf (colle chaude) qui a été employé au XVIIIe siècle s'est cristallisée en vieillissant, perdant une bonne partie de son pouvoir.

La corne adhère mieux, elle n'était décollée que par endroits.

Il manquait des éléments de laiton. J'ai relevé leurs formes sur du large ruban adhésif transparent, avec un fin feutre indélébile. (Une autre méthode plus ancienne consiste à placer une feuille de papier carbone entre deux feuilles de papier blanc et de relever par frottis les encoches des éléments qui manquent.)

Ensuite j'ai mesuré l'épaisseur d'un élément avec un palmer, afin de choisir une plaque de laiton pour redécouper dedans les absents : 4/10e de mm.

Les feuilles de métal sont vendues à la coupe, en rectangles de la taille souhaitée. Il s'agit de métaux non ferreux, donc relativement tendres :

Cuivre. Rose saumon à rouge, brillant, c'est le plus ancien métal utilisé par les humains.

Laiton. Jaune doré. Alliage de cuivre et zinc, il est improprement appelé parfois "cuivre jaune".

Étain. Argenté. Tendre, il se coupe au cutter. (Le cuivre allié à l'étain donne du bronze.)

cuivre_etain_laiton-marqueterie-atelier-DYEVRE-blog.jpg

On attendrit parfois le cuivre ou le laiton avant de les découper, cela s'appelle "recuire" le métal : on le porte au rouge en le chauffant sur un réchaud, puis on le laisse refroidir naturellement. (Si on le trempe dans l'eau froide cela le "trempe", il devient dur et cassant.)

Sciage d'un rectangle de laiton :

J'ai photocopié le relevé de l'empreinte des éléments, puis j'ai collé ce dessin sur un paquet constitué par la plaque de laiton placée entre deux cartons.

Il ne restait plus qu'à les découper avec une scie à chantourner de marqueteur :

Dans le "paquet", parfois on place du papier suiffé qui lubrifie la lame de la scie sur son passage. Fabrication maison de ce curieux papier gras :

samedi 4 février 2017

Restauration d'un cartel Louis XV en corne verte


Il s'agit d'une pendule fabriquée en sapin et ornée d'une marqueterie de corne de bœuf, claire donc (la corne noire vient du buffle) et de laiton. Ses bronzes superbes constituent une bonne part de sa décoration. Hauteur totale avec son socle : 95 cm.

Une corne est plongée dans de l'eau chaude salée pour la ramollir, puis fendue dans sa longueur et aplatie entre deux plaques de métal chaud.

corne-Dyevre-ebeniste-2.jpg

La corne, translucide, est teinté par derrière (avant d'être collée sur le cartel) en l'enduisant de colle de poisson mélangé à un pigment bleu. Comme la corne est jaunâtre, cela donne du vert.

Quelques malins l’ont autrefois peinte de taches noires par derrière pour imiter l’écaille de tortue marine des marqueteries Boulle (qui est teintée en rouge, bien sûr).

Envers de la corne du cartel : on voit bien la colle colorée en bleu.

dimanche 17 février 2013

La méthode Boulle.

André Charles Boulle, grand ébéniste de Louis XIV, a perfectionné une technique qui consiste a découper en même temps un placage clair et un foncé. Ensuite on met l'élément clair dans le fond foncé et inversement. Il utilisait l'écaille de tortue de mer et et métaux : cuivre, laiton, étain.

L'écaille est teintée par transparence en collant un papier de couleur sur son envers.

Les éléments découpés avec une lame de scie à chantourner très fine.

Marqueterie en partye : celle qui a le plus d'écaille.

Marqueterie en contre-partye : celle qui a le plus de métal. Sa valeur est moindre.

Coffret Boulle d'époque Louis XIV en contre-partye.

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